De l’exclusion à la diffamation : réponse aux attaques des Estivales de la Question Animale

Nous, équipe de l’UELA 2018, écrivons en soutien à l’une des nôtres, qui fait actuellement l’objet d’une campagne de diffamation menée par les Estivales de la Question Animale. En effet, l‘UELA, comme indiqué dans son communiqué de création, est née d’une scission au sein de l’équipe d’organisation des Estivales de la Question Animale, et n’a pas cessé de subir son acharnement depuis. Reprécisons rapidement les circonstances.

En 2014 et en 2015, des conflits très importants ont éclaté aux Estivales de la Question Animale, suite aux refus du fondateur de réagir à des propos racistes et d’autoriser la tenue d’ateliers féministes non-mixtes. Ce même fondateur a ensuite invoqué la possibilité d’expulsions policières aux personnes qui s’opposaient à ses décisions, et tenu à plusieurs reprises des propos insultants. Ces incidents ont conduit au départ définitif de beaucoup de participant·es, et à une baisse importante de la fréquentation des Estivales. En 2016 et 2017, face au désinvestissement du fondateur, de nouvelles équipes d’organisation ont dû prendre la relève, et pu proposer des ateliers et interventions abordant le sujet de la convergence des luttes sans risquer l’opposition d’un veto. Nous, équipe d’organisation de L’UELA, avons pour plusieurs d’entre nous participé à l’organisation des Estivales 2017, et avons travaillé à la mise en place des Estivales 2018. Nous avons notamment cherché et trouvé un nouveau lieu, plus adapté, la MFR de La Palma, auprès duquel nous nous sommes engagé·es ; nous avons travaillé au programme et contacté des intervenant·es ; nous avons établi un budget prévisionnel et commencé à communiquer autour de l’événement. Puis, alors que nous discutions avec le fondateur des réponses que nous souhaitions apporter à sa conférence d’opposition à la convergence des luttes, celui-ci a invoqué son droit de veto pour nous interdire de continuer avec ce projet, et nous nous sommes retrouvé·es exclu·es des Estivales sur lesquelles nous avions travaillé depuis plusieurs mois sous « l’accusation » d’intersectionnalité.

Or, si être « accusé·es » d’être intersectionnel·les nous est plutôt flatteur, et nous fait sourire, le reste de la situation nous laisse amer·es. Ce travail que nous avons réalisé n’a pas seulement été nié par l’équipe actuelle des Estivales de la Question Animale lors de notre interdiction d’action, qui fut notre exclusion de fait ; il a été réapproprié, avec l’utilisation de ce que nous avions déjà fait sans nous laisser la possibilité d’organiser l’événement que nous voulions vraiment. Cette appropriation de notre travail et cette tentative de nous empêcher toute action n’a pourtant pas suffit : nous sommes de fait, aujourd’hui, victimes d’une campagne de diffamation menée par les Estivales de la Question Animale, visant plus particulièrement Typy Zoberman, membre de notre équipe. En effet, Typy est nommée publiquement à plusieurs reprises, pour le vol prétendu de 3575,16 euros aux Estivales de la Question Animale, dans des posts largement diffusés.

Notre priorité d’action ayant toujours été les animaux et l’organisation de cet événement qui leur est consacré, nous avions choisi jusque là de ne pas répondre aux attaques répétées faites par l’équipe des Estivales de la Question Animale à notre égard, dans l’espoir qu’une coexistence polie serait possible. Nous constatons aujourd’hui tristement qu’elle ne l’est pas, et que nous ne pouvons rester silencieux·ses plus longtemps.

Typy, que beaucoup d’entre vous connaissent, a été gestionnaire des comptes des Estivales de la Question Animale 2017 en raison de son expérience et de son implication dans l’organisation. Elle était ainsi également chargée par les Estivales, pour cette année 2018, de la gestion financière et notamment de la location du lieu, ce qu’elle a fait à partir du chéquier de son compte, les Estivales n’ayant pas de compte bancaire propre. C’est après la réservation du lieu, donc, que l’équipe actuelle des Estivales de la Question Animale nous a exclu·es en nous reprochant notre intersectionnalité. L’équipe des Estivales a ensuite exigé de récupérer le lieu trouvé et réservé par Typy, la somme bloquée pour le réserver, qui s’élève à 3750 euros, ainsi que 1175 euros versés à Typy en 2017 au titre de « fond de roulement », dans une lettre de « Mise en demeure avant poursuites » datant du 18/04/2018. Dans son communiqué du 23/06/2018, l’équipe des Estivales contredit le propos de cette mise en demeure et demande cette fois, « après compte exact », 3575,16 euros. Les sommes d’abord demandées étaient donc fausses… Les accusations portées dans ces « comptes exacts » restent cependant calomnieuses, et nous allons nous en expliquer.

Plusieurs d’entre nous, dont Typy, étaient dans l’équipe d’organisation des Estivales 2017. L’organisation des Estivales était déficitaire depuis quelques années : en 2016, par exemple, suite à l’oubli d’une facture de 1000 euros par celui qui était alors gestionnaire des comptes, l’organisation fut déficitaire de 525 euros, amputant d’autant le fond de roulement dont nous disposions pour organiser l’édition 2017. Pour combler cette perte, nous avons renoncé à faire appel à une équipe de cuisinier.es rémunérée, considérablement réduit les dépenses alimentaires, fait circuler une cagnotte d’appel aux dons et participé à titre personnel aux dépenses des Estivales, notamment Typy pour un montant de plus de 170 euros. A la fin de l’édition 2017 des Estivales, nous avions réussi à combler ce déficit, les recettes couvrant les dépenses et la facture de la MFR de Marlhes, que nous attendions de recevoir, et prévoyant un bénéfice suffisant pour payer les arrhes de l’année suivante.

La facture de la MFR de Marlhes à été envoyée à l’adresse de Pierre Sigler, indiquée comme adresse postale de correspondance à la fin de l’édition, et ne nous a pas été transférée. Nous n’avons pas non plus reçu de facture, ou de relance de facture, sur l’adresse email de correspondance. Nous ne nous sommes pas inquiété·es de ce retard, courant pour la MFR et sachant que nous avions de quoi la régler avec la recette que nous avions réalisée.

Entre temps, nous avons été contraint·es de quitter l’équipe d’organisation des Estivales ; et l’argent que l’équipe actuelle nous réclame est à la fois la recette de 2017, le règlement de la facture de Marlhes, et un fond de roulement supplémentaire qui est pourtant par définition inclus dans la recette. Par ailleurs, l’un des membres de l’équipe actuelle des Estivales étant responsable du déficit que nous avons dû recouvrir, ces réclamations et accusations sont dans la situation actuelle aussi indécentes qu’illégitimes. Nous refusons l’appropriation de notre travail et d’être en plus accusé·es de vol. Nous sommes lassé·es de cette campagne de diffamation qui attaque l’une des nôtres, lassé·es de ce harcèlement, lassé·es de ces tentatives répétées de nous soutirer des sommes fantaisistes. Nous nous engageons, en revanche, à payer la facture de la MFR de Marhles, sitôt qu’elle nous aura été transférée. En effet, en tant qu’héritier·es, par notre travail, du projet militant et intellectuel engagé lors de notre organisation des Estivales 2017, nous en assumons les coûts mais refusons l’appropriation des bénéfices que nous avons réalisés en comblant les déficits causés par l’équipe actuelle des Estivales.

Nous réfléchissons à poursuivre en justice l’équipe des Estivales de la Question Animale pour harcèlement, diffamation et tentative d’extorsion de fonds. Nous espérons sincèrement ne jamais devoir en arriver à des actions aussi coûteuses et stériles, quand notre temps militant a tant d’autres façons bien plus importantes de pouvoir être utilisé. Nous regrettons vivement que, alors qu’une coexistence était possible, et que nos deux événements se voulaient au service des animaux, l’équipe des Estivales de la Question Animale ait préféré se livrer à une campagne de diffamation à notre égard et tenter de nous discréditer. Nous refusons de participer à cette concurrence et à cette bataille d’ego qui n’ont pas lieu d’être, et espérons que les deux événements pourront se dérouler dans les meilleures conditions possibles, parce que les animaux sont et restent toujours notre priorité.

L’équipe d’organisation 2018 de l’UELA

 

COMMUNIQUÉ DE CRÉATION DE L’UNIVERSITÉ D’ÉTÉ DE LA LIBÉRATION ANIMALE

Date de rédaction : 17/04/2018

Chères & chers animalistes,

Les Estivales de la Question Animale ont fait face, récemment, à d’importants problèmes, venant questionner leur organisation et leur tenue ; c’est suite à ces problèmes que nous, ancienne équipe d’organisation 2018, nous voyons contraint·e·s de rédiger ce communiqué. Le fonctionnement de l’organisation de 2018 a été décidé aux Estivales 2017, par Assemblée Générale, lors de laquelle les participant·e·s se sont prononcé·e·s à la quasi-unanimité pour une organisation ouverte et accessible à tou·te·s, via un groupe facebook. Plusieurs membres déjà présent·e·s en 2017 se sont engagé·e·s pour 2018 également, et de nouvelles personnes nous ont rejoint ensuite ; depuis, nous avons travaillé ensemble à la mise en place de ces Estivales, à la proposition d’un programme riche et intéressant, d’activités variées, et d’un séjour qui puisse se passer dans les meilleures conditions possibles, avec de plus l’ouverture d’un nouveau lieu d’accueil plus confortable et adapté.

Les problèmes auxquels nous avons dû faire face sont la remise en cause radicale de notre système d’organisation et du travail que nous avons déjà réalisé par le fondateur des Estivales, qui avait proposé l’annulation de leur édition 2016 et a été absent lors de leur édition 2017, à l’organisation de laquelle il avait pourtant été invité à participer. Le fondateur, prévu comme conférencier pour les Estivales 2018, a par ailleurs remis en cause la présence de certaines personnes dans notre équipe d’organisation, du fait du désaccord de ces personnes avec les propos qu’il prévoit de tenir. Ces désaccords n’empêchaient pas sa conférence d’avoir lieu, dans la volonté commune d’un débat d’idées réel : nous, équipe d’organisation, demandions seulement un droit de réponse via une autre conférence. Cependant, il est apparu que l’existence même de ces désaccords, et de la possible remise en cause de ses propos, suffise à inquiéter assez le conférencier pour exiger le changement de l’équipe et de ses principes d’organisations décidés collectivement depuis plus de 8 mois déjà.

Le fondateur, face aux critiques qui lui ont été faites d’abus de pouvoir lors des Estivales 2014 et 2015, notamment, affirmait ne pas avoir de « pouvoir décisionnel » en propre, et ne vouloir, face aux remarques sur sa complaisance vis-à-vis de propos racistes et sexistes, « que la liberté d’expression ». Ces revendications d’une non-centralisation du pouvoir et d’une défense de la liberté d’expression nous semblent difficilement conciliables avec les exigences qui sont les siennes aujourd’hui en termes de contrôle de l’organisation, des personnes légitimes à en faire partie, et des personnes légitimes à s’exprimer au sein de ces Estivales. De la même façon, l’absence de capacité de remise en question, de capacité d’écoute de la parole des personnes blessées par certains comportements, et de capacité à admettre le débat et la discussion autour des idées soutenues, nous semble une posture dangereuse en termes de qualité des échanges, humains comme intellectuels, et en termes d’efficacité militante.

Nous, équipe d’organisation 2018, voulons un événement qui soit réellement ouvert à tou·te·s ; un événement où les échanges ont lieu dans la considération et l’écoute des personnes, un événement véritablement égalitaire où chacun·e dispose d’un pouvoir décisionnel, un événement porté par la volonté d’une réflexion et d’une progression collectives dans nos stratégies de luttes pour la libération animale, plutôt que par le principe d’une tribune annuellement acquise à la diffusion de la parole de personnes revendiquant leur propre autorité.

Nous voulons un événement où chacun·e puisse se sentir bienvenu·e et en sécurité, un événement où personne ne risquera d’être agressé·e par des propos ou des actes racistes, sexistes, homophobes, transphobes, âgistes ou validistes, pour ne citer que ces exemples ; nous voulons un événement où, en cas de violences vécues, les personnes sont écoutées et protégées ; nous voulons un événement où l’organisation d’ateliers de réflexions croisées sur les oppressions des animaux humains et non-humains est encouragée, et non pas passible d’exclusion.

Nous voulons, finalement, un événement à l’image du mouvement de libération animale auquel nous aspirons. Un mouvement de lutte qui soit large, qui soit un mouvement de société, qui fasse de la libération animale un incontournable et une priorité.

Et nous croyons que, pour que le mouvement de libération animale puisse avoir cette ampleur, il doit s’adresser à tou·te·s, et permettre à chacun·e de s’y reconnaître, de se l’approprier, de participer à le construire et à le faire évoluer. Refuser d’assurer la sécurité des personnes décrites comme « minorités » dans ce mouvement, d’assurer qu’elles n’y vivent pas de violences, verbales ou gestuelles, sur la base de ce qu’elles sont, et qu’elles n’y soient pas réduites au silence, c’est les en exclure. C’est ne réserver ce mouvement qu’à une partie de la population, la partie la plus privilégiée, et le fermer à toute expansion. Nous le souhaitons global et inscrit dans le temps.

En résumé, concernant les problèmes que nous rencontrons aujourd’hui, laisser une parole et une pensée de l’exclusion se proclamer norme et référence, s’arroger le droit d’interdire ou d’autoriser les autres, et refuser toute critique, c’est vouer le mouvement de libération animale, qui se veut et qui se doit d’être de société, à l’échec.

C’est pourquoi nous, équipe d’organisation 2018, avons décidé de conserver le lieu que nous avons choisi et loué cette année, et d’y organiser un événement autour de la libération animale comme nous concevons un tel événement : ouvert et accessible à tou·te·s, égalitaire, participatif, réellement attaché à la bienveillance, à la réflexion collective et aux débats d’idées riches.

Parce que nous avons travaillé longtemps à les rendre meilleures, et faisons aujourd’hui le constat de notre impossibilité à agir davantage en ce sens ; parce qu’elles se révèlent, avant tout chose, la propriété de leur fondateur, qui les revendique telles ; et parce nous souhaitons créer quelque chose où toutes les personnes qui ont renoncé à venir aux Estivales puissent maintenant se reconnaître, nous n’appellerons pas cet événement les Estivales de la Question Animale.

Prendre cette décision n’a pas été facile, mais nous sommes aujourd’hui aussi heureux·ses qu’enthousiastes de vous annoncer la création de l’Université d’Eté de la Libération Animale, qui se déroulera du 23 au 27 juillet 2018 à la MFR de la Palma, non loin de Lyon. Vous pouvez nous rejoindre ou nous contacter en cherchant sur facebook la page de l’Université d’Eté de la Libération Animale.

Nous vous donnerons davantage de nouvelles très prochainement, et avons hâte de faire vivre l’UELA avec vous !

L’équipe d’organisation 2018 de l’Université d’Eté de la Libération Animale.