COMMUNIQUÉ DE CRÉATION DE L’UNIVERSITÉ D’ÉTÉ DE LA LIBÉRATION ANIMALE

Date de rédaction : 17/04/2018

Chères & chers animalistes,

Les Estivales de la Question Animale ont fait face, récemment, à d’importants problèmes, venant questionner leur organisation et leur tenue ; c’est suite à ces problèmes que nous, ancienne équipe d’organisation 2018, nous voyons contraint·e·s de rédiger ce communiqué. Le fonctionnement de l’organisation de 2018 a été décidé aux Estivales 2017, par Assemblée Générale, lors de laquelle les participant·e·s se sont prononcé·e·s à la quasi-unanimité pour une organisation ouverte et accessible à tou·te·s, via un groupe facebook. Plusieurs membres déjà présent·e·s en 2017 se sont engagé·e·s pour 2018 également, et de nouvelles personnes nous ont rejoint ensuite ; depuis, nous avons travaillé ensemble à la mise en place de ces Estivales, à la proposition d’un programme riche et intéressant, d’activités variées, et d’un séjour qui puisse se passer dans les meilleures conditions possibles, avec de plus l’ouverture d’un nouveau lieu d’accueil plus confortable et adapté.

Les problèmes auxquels nous avons dû faire face sont la remise en cause radicale de notre système d’organisation et du travail que nous avons déjà réalisé par le fondateur des Estivales, qui avait proposé l’annulation de leur édition 2016 et a été absent lors de leur édition 2017, à l’organisation de laquelle il avait pourtant été invité à participer. Le fondateur, prévu comme conférencier pour les Estivales 2018, a par ailleurs remis en cause la présence de certaines personnes dans notre équipe d’organisation, du fait du désaccord de ces personnes avec les propos qu’il prévoit de tenir. Ces désaccords n’empêchaient pas sa conférence d’avoir lieu, dans la volonté commune d’un débat d’idées réel : nous, équipe d’organisation, demandions seulement un droit de réponse via une autre conférence. Cependant, il est apparu que l’existence même de ces désaccords, et de la possible remise en cause de ses propos, suffise à inquiéter assez le conférencier pour exiger le changement de l’équipe et de ses principes d’organisations décidés collectivement depuis plus de 8 mois déjà.

Le fondateur, face aux critiques qui lui ont été faites d’abus de pouvoir lors des Estivales 2014 et 2015, notamment, affirmait ne pas avoir de « pouvoir décisionnel » en propre, et ne vouloir, face aux remarques sur sa complaisance vis-à-vis de propos racistes et sexistes, « que la liberté d’expression ». Ces revendications d’une non-centralisation du pouvoir et d’une défense de la liberté d’expression nous semblent difficilement conciliables avec les exigences qui sont les siennes aujourd’hui en termes de contrôle de l’organisation, des personnes légitimes à en faire partie, et des personnes légitimes à s’exprimer au sein de ces Estivales. De la même façon, l’absence de capacité de remise en question, de capacité d’écoute de la parole des personnes blessées par certains comportements, et de capacité à admettre le débat et la discussion autour des idées soutenues, nous semble une posture dangereuse en termes de qualité des échanges, humains comme intellectuels, et en termes d’efficacité militante.

Nous, équipe d’organisation 2018, voulons un événement qui soit réellement ouvert à tou·te·s ; un événement où les échanges ont lieu dans la considération et l’écoute des personnes, un événement véritablement égalitaire où chacun·e dispose d’un pouvoir décisionnel, un événement porté par la volonté d’une réflexion et d’une progression collectives dans nos stratégies de luttes pour la libération animale, plutôt que par le principe d’une tribune annuellement acquise à la diffusion de la parole de personnes revendiquant leur propre autorité.

Nous voulons un événement où chacun·e puisse se sentir bienvenu·e et en sécurité, un événement où personne ne risquera d’être agressé·e par des propos ou des actes racistes, sexistes, homophobes, transphobes, âgistes ou validistes, pour ne citer que ces exemples ; nous voulons un événement où, en cas de violences vécues, les personnes sont écoutées et protégées ; nous voulons un événement où l’organisation d’ateliers de réflexions croisées sur les oppressions des animaux humains et non-humains est encouragée, et non pas passible d’exclusion.

Nous voulons, finalement, un événement à l’image du mouvement de libération animale auquel nous aspirons. Un mouvement de lutte qui soit large, qui soit un mouvement de société, qui fasse de la libération animale un incontournable et une priorité.

Et nous croyons que, pour que le mouvement de libération animale puisse avoir cette ampleur, il doit s’adresser à tou·te·s, et permettre à chacun·e de s’y reconnaître, de se l’approprier, de participer à le construire et à le faire évoluer. Refuser d’assurer la sécurité des personnes décrites comme « minorités » dans ce mouvement, d’assurer qu’elles n’y vivent pas de violences, verbales ou gestuelles, sur la base de ce qu’elles sont, et qu’elles n’y soient pas réduites au silence, c’est les en exclure. C’est ne réserver ce mouvement qu’à une partie de la population, la partie la plus privilégiée, et le fermer à toute expansion. Nous le souhaitons global et inscrit dans le temps.

En résumé, concernant les problèmes que nous rencontrons aujourd’hui, laisser une parole et une pensée de l’exclusion se proclamer norme et référence, s’arroger le droit d’interdire ou d’autoriser les autres, et refuser toute critique, c’est vouer le mouvement de libération animale, qui se veut et qui se doit d’être de société, à l’échec.

C’est pourquoi nous, équipe d’organisation 2018, avons décidé de conserver le lieu que nous avons choisi et loué cette année, et d’y organiser un événement autour de la libération animale comme nous concevons un tel événement : ouvert et accessible à tou·te·s, égalitaire, participatif, réellement attaché à la bienveillance, à la réflexion collective et aux débats d’idées riches.

Parce que nous avons travaillé longtemps à les rendre meilleures, et faisons aujourd’hui le constat de notre impossibilité à agir davantage en ce sens ; parce qu’elles se révèlent, avant tout chose, la propriété de leur fondateur, qui les revendique telles ; et parce nous souhaitons créer quelque chose où toutes les personnes qui ont renoncé à venir aux Estivales puissent maintenant se reconnaître, nous n’appellerons pas cet événement les Estivales de la Question Animale.

Prendre cette décision n’a pas été facile, mais nous sommes aujourd’hui aussi heureux·ses qu’enthousiastes de vous annoncer la création de l’Université d’Eté de la Libération Animale, qui se déroulera du 23 au 27 juillet 2018 à la MFR de la Palma, non loin de Lyon. Vous pouvez nous rejoindre ou nous contacter en cherchant sur facebook la page de l’Université d’Eté de la Libération Animale.

Nous vous donnerons davantage de nouvelles très prochainement, et avons hâte de faire vivre l’UELA avec vous !

L’équipe d’organisation 2018 de l’Université d’Eté de la Libération Animale.

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